Décès A.Onkwir:Témoignages

 

                                                                     

 

 

BIOGRAPHIE DE L'ABBE CELESTIN ONKWIR
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ABBE ONKWIR Célestin, décédé à Kinshasa le 4/11/2009.
Notice biographique
                                          Fils de Onkwir Thomas et de Adzas Marie, l’Abbé Célestin Onkwir, originaire du village de Malele Enoy, paroisse de Laba-Lakas, est né à Ipamu le 24 novembre 1956. Il a fait son école primaire à Laba-Lakas et les études secondaires commencées en1970 au Collège Ste Thérèse de l’Enfant- Jésus, devenu aujourd’hui Institut Babola de Mapangu, se sont poursuivies au Collège Ufuta de Kilembe jusqu’en 1976. Pendant l’année  scolaire 1976-1977, il est enseignant à l’Institut Bosembo à Idiofa. Après cette année d’enseignement il éprouve le désir de devenir prêtre ; il est admis au séminaire et passe  une année  de stage probatoire à la procure d’Idiofa. A la fin du stage, il est invité à poursuivre son idéal sacerdotal non pas  directement au grand séminaire pour les études de philosophie, mais il entreprend les études universitaires.
                                            Il s’inscrit en Psychologie au campus de Kisangani (1979-1983). Mais au cours de l’année académique 1982-1983, éclate la grève estudiantine et l’Etat ordonne la fermeture de l’Université de Kisangani. Cette année académique sera considérée comme une année blanche. L’abbé Célestin sollicite dès lors un transfert à l’Institut Pédagogique Nationale (IPN) (aujourd’hui l’Université Pédagogique Nationale) (UPN) pour achever sa troisième année de graduat en Psychologie, option Orientation Scolaire et Professionnelle. Persévérant dans son idéal de vie sacerdotale il écrit de nouveau à son évêque pour l’admission au Grand Séminaire. Il rentre au diocèse où  il est envoyé en régence à Kilembe, de 1984 – 1985.
                                              Au lieu d’aller au grand séminaire St. Augustin de Kalonda pour les études de philosophie, l’ordinaire du lieu l’a directement orienté au grand Séminaire St. Cyprien de Kikwit pour les études de Théologie. En effet, ayant déjà obtenu son  graduat en Psychologie, on avait estimé qu’il n’était plus indispensable de faire le cycle de philosophie.
                                              Au grand séminaire St. Cyprien de Kikwit, l’Abbé Célestin a passé 4 ans, de 1985-1989. Le 16 avril 1989 il est ordonné diacre par S.E. Mgr Edouard Mununu, évêque de Kikwit. A la fin de l’année académique il est envoyé à la paroisse Bienheureuse Anuarité d’Idiofa pour le stage diaconal. Et le 5 aoùt 1990 il est ordonné prêtre à Idiofa par S.E. Mgr Eugène Biletsi Onim d’heureuse mémoire. Pour l’exercice de son ministère sacerdotal, l’Abbé Célestin sera affecté à la paroisse de Mutoy comme vicaire itinérant (1990-1993), puis à Banda il est aussi vicaire de 1993-1994. En 1994, il est promu curé de la même paroisse de Banda et Préfet des Etudes à l’Institut Technique Professionnel Efun-Emio à Banda même. En 1998, il est transféré à la paroisse d’Intswem où il est curé  jusqu’en 1999. De 2000 à 2001, il a assumé la charge de curé à Ngoso, puis de 2001- 2002,
il est curé à Laba-Central. A partir de 2003, l’Abbé Célestin tombe malade. Il reste quelques temps à Kinshasa pour les soins. Ensuite il est affecté comme formateur à la Propédeutique St. Mukasa à Idiofa et réside au Centre Nto-Luzingu. Comme sa santé s’était améliorée, il a été affecté comme vicaire à la paroisse de Manding à Idiofa. Depuis le début de cette année, il ne pouvait plus suivre les soins à Idiofa même. Il a été transféré à Kinshasa. Et le 4 courant, il a rendu l’âme.
                                                Comme on le voit, l’Abbé Célestin n’est pas passé par le petit séminaire, mais c’est une vocation  qui s’est développée au collège et à l’université. Vicaire et curé de paroisse il a rendu des services très appréciables au peuple de Dieu qui lui était confié. Qu’il repose en Dieu comme d’autres confrères qui l’ont précédé.
 
Abbé Chancelier.

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1. TEMOIGNAGE DE L'ABBE JEAN PAUL MUKE

Bampangi ya luzolo, mbote diaka!

 Encore, exclamons-nous! C'est encore avec émotion que je viens vous faire part de ce vibrant témoignage pour notre cher « Célé», comme on avait l'habitude de l'appeler.
 
Avant la théologie, je ne connaissais pas Célé: c'est son insertion comme séminariste à un âge vénérable que j'ai fait tardivement sa connaissance; je n'étais même pas de sa promotion, mais je l'ai rejoint comme ouvrier de la onzième heure lors des ordinations du 05 août 1990 dont les élus du jour étaient: les Abbés Ibalayam Hypolite, Maloso Odon, Malingisi Alexis, Mupese Méthode, Ngolo Félix, Ngubu Tryphon, Onkwir Célestin et moi.
 
Célé était aussi un ouvrier de la onzième heure à sa façon pour parler en termes impropres de vocation tardive comme si c'était une compétition avec un signal de coup de départ.
Son âge vénérable dans le groupe de 8 (G8), faisait la perfection dans la résoluttion des incompréhensions, car, il s'offrait facilement comme modérateur toujours posé, en dédramatisant pendant que les fils de tonnère que nous étions le trouvaient trop patient voir même complice, et pourtant , ce n'était que de la haute sagesse.
 
Généralement, quand on était mal pris, c'est Célé qu'on mandatait pour décanter la situation à cause de sa diplomatie.
Au niveau pastoral, les fidèles sont mieux placés pour témoigner de son dévouement, sa sagesse, son souci du respect du sacré, la discipline, son inculturation par une animation captivante dans sa catéchèse rejoignant les joies et peines de ses ouailles.
 
Comme Job, nous n'avons que notre foi devant ces épreuves qui s'abattent sur notre maison diocésaine, parmi les plus âgés comme les plus jeunes, personne n'est épargné.
«Oui, le Seigneur a donné, et le Seigneur a repris, loué soit son nom»! Voilà notre seule consolation!
 
Bien à toi Célé, merci pour ta sagesse, ta modération au sein du G8: que celui que tu as servi avec autant d'amour pour l'amour de tes frères et soeurs dans des conditions d'abnégation soit ton rempart, et n'oublie pas de devenir notre porte-parole comme tu l'as toujours si bien fait, nous qui sommes encore en marche, ne sachant , prochainement à qui le tour. Mais une chose est vraie, l'espérance ne trompe pas quelque soit l'heure.
 
Obtiens-nous ta patience pour être prêt à rencontrer le maître de la moisson qui appelle chacun selon son bon vouloir et lui donne ce dont il a besoin, comme l'ouvrier de la onzième heure que tu étais, mais tu as travaillé sans être en retard selon les catégories superficielles des vocations tardives.
À Dieu, rien n'est impossible, et ce n'est jamais trop tard pour faire sa volonté.
Que Mgr Eugène Biletsi qui nous a incardinés dans cette famille sacerdotale et qui t'a précédé fin novembre et début décembre (01déc 1997) t'accueille comme il t'avait accueilli le 5 août 1990.
 
Tu as vu le jour le 24 novembre, et tu rentre à la maison du père le 04 novembre; quelle coïcidence en ce mois de novembre où nous avons célébré en même temps nos fidèles défunts et leur naissance au ciel en communion avec tous les Saints.
Que toute cette cour céleste t'accueillent à bras ouvert, toi l'ouvrier de la onzième heure avec le même salaire que ceux qui t'ont précédé.
 
Merci pour le clin d'oeil de manque de jalousie d'un Dieu qui est si bon et généreux, que tu as servi de tout ton coeur, de toutes tes forces, et de toute ton âme.
« OUI, REPOSE-TOI EN PAIX, CAR, LE SEIGNEUR A DONNÉ, ET LE SEIGNEUR A REPRIS, LOUÉ SOIT SON NOM»!
 
N.B. Je terminerai par demander au chancelier de bien vouloir mettre à jour les e-mails couriels des confrères, au cas où tous ne seraient pas au courant du site pour s'informer directement. Car, tous, on n'est pas des internautes pour consulter le site à tout moment, surtout si on ne sait pas qu'il existe.
Merci encore une fois pour ce service louble de communication, et félicitation pour le beau travail.

J.P.
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2. TEMOIGNAGE DE L'ABBE KANGAMOTEMA BONAVENTURE

Abbé Célestin,
 
Un prêtre très social et très proche des ses fidèles. Ce qui a caracterisé ce prêtre, c'est sa simplicité et son humilité. Un prêtre dynamique, un infatigable, sachant et aimant visiter les communautés de sa juridiction.
Yâ Célé ( Pasteur d'hermas comme on l'aimait l'appeler), était UN véritable prêtre itinérant. La paroisse de Mutoy se souviendra de ce prêtre infatigable qui passait des semaines entières en brousse (dans des communautés) et ne revenait à la mission que pour se changer et continuer vers une autre direction.
Il savait être , aussi bien avec les vieux que les jeunes.
Il nous laisse l'exemple de simplicité et de travail.
Paix à ton âme Ontuit'onkwir.
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3. TEMOIGNAGE DE FRERE RODRIGUE NTUNGU
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En apprenant le décès de l’abbé Célestin Onkwir, quelques instantanés se sont télescopés dans ma mémoire. Le choc accusé, je cherchais la meilleure façon d’annoncer l’irréparable à mon hypertendue de mère à Kikwit. Celui que l’on appelait affectueusement "Ya Célé" à Mutoy, au début des années 1990, partageait l’intimité de notre famille alors établie à Tshadana (à 30km de Mutoy) lors de ses visites pastorales. Nous l’avions presqu'adopté lorsqu’il avait accepté notre modestie, en occupant une chambre dans la maison familiale entre juillet et août 1992, dans le cadre des préparatifs aux prémices du Père Stanislas Ntungu. Notre hôte portait les attributs d’un bon Prêtre : relationnel, rassembleur, pieux... Mais, petit turbulent, je me rappelle avoir quelques matins troublé Ya Célé en célébration eucharistique au salon, non sans subir en récompense les baffes du Papa. A moi plaisait sa grosse radio qui distillait une musique religieuse dont je retiens encore une rengaine devenue réalité : « Kakala mvwama, kakala nsukami, kakala ukiese, bayaya lufwa kaka tuvingila ! ». Tout ce qui, en ce Prêtre, était « humain, trop humain » ne transparaissait guère. Ya Célé était si simple qu’on le retrouvait dans la forêt avoisinante, coupant des sticks pour l’érection du podium des prémices du 18 août 1992.
 
Il n’est point de doute que Ya Célé avait un charisme pastoral exceptionnel. Itinérant piéton, Mapéra en foulard, il avait cette « manie » de drainer une foule de jeunes à son arrivée dans le village. Foule digne d’une chorale ambulante, qui exécutait à sa suite des hymnes des K.A. Aux allures d’un chorégraphe professionnel, Ya Célé était réputé bon danseur à la messe. Une tante à nous le taquina sans mensonge, au sortir d’une messe : « Lorsque tu commences tes danses traditionnelles pendant l’homélie, les mamans épuisent leur argent à venir te féliciter. Elles sont obligées de prévoir deux parts : l’une pour tes danses, l’autre pour la quête ». L’agressivité pastorale de Ya Célé avait permis même aux fermes et villages enclavés de recevoir sa visite. Ce Prêtre était si sympathique et compatissant qu’il était, somme toute, le réconfort de notre famille. Une nouvelle circulait au matin du 13 décembre 1992 et selon laquelle, en route pour Tshadana où il venait annoncer le décès du Père Stanislas Ntungu, Ya Célé était tombé de son vélo et portait une blessure à la jambe. Nouvelle qui fut confirmée, lorsque lui-même arriva fort abattu. Epuisé certes, il avait passé cette nuit-là au salon, prévenant les débordements d’émotions, avant de préparer le voyage des parents à Ifwanzondo pour les obsèques. Face à l’advenu, je formule la reconnaissance de toute la famille à Ya Célé, et prie Celui qu’il avait servi de lui accorder le repos éternel : « Il mérite que tu lui accordes cette faveur. Il aime notre nation : c'est lui qui nous a construit la synagogue » (Lc 7, 4-5).
 
Rodrigue Ntungu, S.J.
Yaoundé, Cameroun

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