Homélie Noel 2013

MESSES DE NOËL 2013

Diocèse d’Idiofa

«  Et le Verbe était la vraie Lumière (…). Il est venu chez les siens, et les siens ne l’ont pas recu » (Jean 1, 9-11). 

  1. Très chers frères et sœurs,

                                   Aujourd’hui, Dieu est venu établir sa demeure parmi nous. Tous ensemble réjouissons-nous. Le Fils de Marie est le fils de Dieu fait homme, le Verbe fait chair, comme dit l’ouverture de l’Evangile selon Saint Jean. L’enfant que Marie, la Vierge Pure, présente aux bergers puis aux mages, est  « Dieu né de Dieu, Vrai Dieu né du Vrai Dieu, engendré non pas créé ». Il a pris chair dans notre monde pour nous faire naître au monde divin. Ainsi, dans ce grand mystère, Dieu se fait l’un de nous parce qu’il vient habiter avec nous, partageant nos peines et nos joies. Cette nuit nous invite à entendre la constante exhortation à rendre grâce pour le prodigieux échange dans lequel nous avons part à la divinité de celui qui a daigné partager notre humanité.

  1. Mes frères et sœurs,

                                   Si l’Eglise célèbre la nativité et la manifestation du Christ Sauveur en cette date du 25 Décembre, date en laquelle on célébrait le dieu soleil, au moment où en Europe et au Moyen Orient le jour commence à gagner sur la nuit,  c’est que Jésus  a été annoncé comme « Soleil levant qui vient nous visiter, Lumière d’en haut sur ceux  qui habitent les ténèbres », et qu’il est lui-même la Vraie Lumière du monde: « Le peuple qui marchait dans les ténèbres voit une grande lumière, sur ceux qui habitaient  le  pays de l’ombre de la mort, une lumière resplendit », dit le prophète Isaie  (Is 9,2).

  1. Chers frères et sœurs,

                                   Dans son amour infini, Dieu a donné son Fils au monde pour en dissiper les ténèbres. Noël, c’est donc avant tout un mystère d’Amour. Dans cet Amour nous communions à l’Amour Infini de Dieu qui s’est manifesté en Jésus-Christ. Une invitation à s’unir à la divinité de celui qui a pris notre humanité. C’est une lourde mission pour chaque homme. Et cette responsabilité nous l’assumons en donnant nos vies comme il a donné la sienne ; en portant son nom de « Prince- de-la-Paix », nous devenons de faiseurs de paix, bâtisseurs de cités de la justice, créateurs de liens qui favorisent la réconciliation. Jésus est né dans le monde, mais il est surtout à naitre au monde, parmi nous.  Et en naissant au monde, parmi nous, il fait de nous un peuple qui lui appartient, purifié par lui  et zélé pour les bonnes œuvres ( Tite 2,14). C’est dire aussi que la célébration de Noël nous ouvre à une solidarité plus large, plus profonde. Elle nous enseigne à sortir de nos égoïsmes, à renoncer à l’impiété et aux convoitises mondaines, à vivre dans le siècle présent selon la sagesse de Dieu, la Justice et la piété ( cfr Tite 2,12). En ce sens, je vous remercie tous pour les efforts que vous ne cessez de déployer afin qu’advienne le régne de Dieu à Idiofa. Cependant, beaucoup reste encore à faire. Avec Jésus-Christ, nous pouvons écrire encore des belles pages de notre histoire commune.

                                   En effet, comment laisser sous silence la note dramatique de l’annonce de Noël. Saint Jean dit qu’ « il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas reçus ». Nous-nous sommes rendus compte, frères et sœurs, que l’un ou l’autre passage de l’Ecriture dit que le Seigneur n’a pas été accueilli par les siens, parcequ’il n’y avait de place pour lui.

Le Seigneur était pourtant annoncé, il était même attendu en Israël, mais lorsqu’il est venu, nul ne l’a reconnu, nul ne l’a accueilli. Le Seigneur est né, et il a été rejeté. Il est né anonyme et ignoré. Il n’y avait pas de place pour lui dans la salle commune.

                                   Cette salle commune aujourd’hui peut bien être ma vie, mon cœur où passent et se croisent tant de monde, tant d’activités, tant de sollicitations, tant de demandes, tant de choses, tant de fêtes…Et souvent, lorsqu’il s’agit d’une demande faite en faveur de Dieu ou de l’Église universelle et de notre diocèse, la réponse est douteuse ou tardive. Nous faisons trop de calculs. Mais pour des choses accessoires et qui nous procurent seulement le plaisir charnel, nous dépensons directement  sans calcul ;  lorsqu’il s’agit, par exemple, d’une fête pour  Dieu ( la messe de Noël, celle du dimanche, les  messes quotidiennes ) nous n’avons pas de temps et nous trouvons toujours des excuses. Lorsqu’il s’agit d’une activité de l’Église, du diocèse, de la paroisse qui requiert notre participation ou contribution, nous n’avons toujours pas de temps ou des moyens( répétition des chorales, réunion des CEVB, réunion des groupes apostoliques, soutien du diocèse…). Nous n’avons de temps que pour notre travail, pour aller en forêt, à la pêche…Il n’y a pas de place pour le Seigneur dans notre vie, ainsi nous accordons moins de temps, moins de priorité et moins de chance aux choses de Dieu et de l’Église. Nous-nous préoccupons trop de la danse, de notre femme ou de notre mari, de nos enfants ; nous-nous préoccupons trop de notre habillement , de notre manger, de la boisson, des ambiances…Le Christ est toujours en reste et négligé.

                                   Alors le Seigneur, est-il né aujourd’hui au-dedans de moi-même ou à l’écart de moi-même parce que mes préoccupations ont gagné tout l’espace ? Lui ai-je réservé suffisamment de place ? 

Bien aimés, il se passe bien de choses dans nos vies, en notre temps et  dans notre société. Des choses importantes et terribles. Des choses qui prennent  tant de place qu’elles ne laissent à Jésus Christ  de place pour naitre dans notre vie .  Mais, je vous dis que de toutes ces choses, dans cinquante ans, dans cent ans,  dans mille ans, il n’en restera rien. Elles seront oubliées, datées, dépassées, inutiles… Mais en ce futur là, il se trouvera des disciples du Christ que l’on nommera chrétiens pour célébrer comme nous aujourd’hui Noël.

Donnons donc notre temps à Jésus, donnons notre argent aux choses du Christ et de son Église.

                                   Noël, c’est la Bonne Nouvelle pour tout un « peuple qui marchait dans les ténèbres ». Nous sommes aussi de ce peuple envahi par l’obscurité des ténèbres : ténèbres de nos divisions claniques pour des problèmes de forêt ou de pouvoir, ténèbres de notre soif d’argent qui nous conduit aux détournements et aux vols ou à d’autres comportements immoraux, ténèbres de notre jalousie et de notre haine  ou rancœur, ténèbres de nos péchés… Le Verbe était la vraie lumière.

  1. Mes frères et sœurs,

                                   A chacun de nous, le Seigneur confie son Eglise pour faire d’elle la source de vie, une terre d’espérance, joie pour les pauvres, force pour les bléssés de la vie, amour et enthousiasme pour chaque homme de notre temps. Conscients d’une telle mission,  nous devons être prêts à lui venir en aide pour qu’elle grandisse.

Ainsi, dans le contexte de crise que traverse notre église particulière d’Idiofa, moi votre Serviteur et Père Evêque, j’ai promulgué un décret et baptisé cette année pastorale 2013-2014 « année de la reconstruction du Diocèse ». Je sais que vos curés de paroisse  vous ont expliqués le bien fondé de ce décret. Levons-nous, ensemble, bâtissons notre Eglise (Esd. 1,3).

Chacun de nous doit se frapper la poitrine, se lever courageusement et venir déposer sa pierre à l’édifice afin de bâtir notre cher et beau diocèse. Par des actes qui bénissent, portons dans nos cœurs la bonne marche de notre diocèse d’Idiofa, le visage rayonnant du Christ- Sauveur ;  portons haut l’étandard de l’Amour et de la solidarité.

L’apôtre Paul disait à Tite : « Dis ces choses, exhorte et reprends avec une pleine autorité. Que personne ne te méprise (Tite 9,15). Fort de ces paroles , je me fais le devoir et l’obligation de vous les rappeler.

  1. Frères et sœurs,

                                   Un enfant nous est né, un fils nous est donné. On L’appelle Admirable Conseiller, Dieu puissant, Emmanuel, Dieu-avec-nous, Père Eternel, Prince de la paix. Rendons pour cela gloire à Dieu dans les lieux hauts et que la paix habite sur la terre parmi les hommes qu’il agrée ! ( cfr Lc 2,14 ).

                                   Que le fils de Marie, la Vierge Sainte, vous apporte toutes ses         grâces : grâce de la paix, de la joie et de l’Amour.

JOYEUX NOËL ET BONNE ANNÉE 2014, QUE DIEU VOUS BÉNISSE !

                                                    + José  MOKO  EKANGA

                                                     Évêque   d’Idiofa

 

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