Hommage Abbé Lufwael

cip02.jpgDECES DE L'ABBE LUFWAEL 

Après plusieurs mois de maladie, l'abbé Innocent Lufwael Aleteya s'est éteint ce 01 Octobre à 21h50 à l'hôpital Saint Joseph où il était interné. Monseigneur l'Evêque invite toute la communauté diocésaine au climat de deuil et de prière, au même moment qu'il présente à la famille biologique de l'abbé Innocent ses condoléances les plus sincères. L'abbé Lufwael reste un grand nom dans le domaine de la liturgie à Idiofa, avec une très longue liste de chants composés par lui. Il est l'un des pionniers du Kembila Nzambi et fondateur de plusieurs chorales. Chorégraphe et initiateur des rites, il a eu un rôle important dans l'émergence de Mbay-mbay. Né le 26 Mars 1941, l'abbé Innocent a été ordonné prêtre le 24 Août 1969, ensemble avec les abbés Ngatshi et Shinda. Comme ministère, il a été tour à tour Prof. au petit Séminaire de Laba, Vicaire à Mangai I et à St. Kizito/Idiofa, curé à Dibaya, Ipamu, Idiofa, Koshi, Kalo, Kimputu et Aumônier de l'hôpital à Ipamu. RIP! 


 

Mu ke dila Lyfwael,

Bampangi batondoma,
Bo kele dilaka mubwisi ti lunkamba na yandi
Bo kele yindulaka muzombi ti buta na yandi
Mulobi-mbisi mene bikisila beto nkay ti mutrafu na yandi
Nsengo ti mbuma ya nguba, nkento ya bilanga mene bikisila beto
Mubudi ngoma yandi yina mene lala mpongi ya nsuka pene pene ya ngoma na yandi.
Nani ata pesa mono mbala mbala mono vutuka na Idiofa na kwenda kuyimbila yina ya mene yimbilaka luzingu na yandi ya mvimba MFUMU ya yandi tondaka mingi
LUFWAEL ! INKI kidimbu nge mene bikisila beto !
YINDULA MPANGI. Na kati ya ba mpimpa na lubutuku to ya Pake, awa yai ya bana ya St Kizito mene manisa misa na bo ya Nene, bana ya "St Anwarite" ya Manding kele zangula na zulu nkunga ya nkembo. Misa na bo kele kaka na luyantiku. Idiofa mvimba, luta Musanga, Idiofa Bala bala ti edzim; dikutu mosi na mbeto, dikutu mosi na nkunga ya santu ya kele toka kumosi na nsusu ya ntete.
Abbé Lufwael kuzuaka kabu ya nene ya kuyimba
Yandi zolaka nkunga

Yandi vandaka na nkabu ya nkaka ya nene, ya kupesa ntomo ya nkunga na ba mpangi.
Yo yina bana ya Manding, yo yina ba mpangi yonso ya kuzabaka Lufwael, vandaka kuzola kuyimbila MFUMU, sambu ngugudi na bo pesaka bo ntomo yina ya yandi vandaka kuwa na kuyimbila MFUMU.
Bonso Celestin Kinzanza, Lufwael vandaka tafuna nkunga ya NZAMBI bonso nde yandi kele tafffffuna mafuta.
Bo kele dilaka mubwisi ti lunkamba na yandi
Bo kele yindulaka muzombi ti buta na yandi
Mulobi-mbisi mene bikisila beto nkay ti mutrafu na yandi
Nsengo ti mbuma ya nguba, nkento ya bilanga mene bikisila beto
Mubudi ngoma yandi yina mene lala mpongi ya nsuka pene pene ya ngoma na yandi.
Nani ata pesa mono mbala mbala mono vutuka na Idiofa na kwenda kuyimbila yina ya mene yimbilaka luzingu na yandi ya mvimba MFUMU ya yandi tondaka mingi.
BETO ATA YINDULA, SAMBILA, DILA LUFWAEL TI NKUNGA YA NZAMBI YA YANDI MENE BIKISILA BETO. 
BIKA NDE MBWETETE NA YANDI KUNATA YANDI NA BETLEME KUNA YANDI ATA KUTANA NA NDINGA YINA YA MENE KUMA MUNTU.

Père Macaire Lakang. 


Adieu vieux Luf’

Adieu le chansonnier, adieu le fulgurant artiste,
adieu l'homme au coeur en chanson, adieu « vieux Luf’»
Tu es désormais entré dans le voyage ultime
où terre et ciel s’embrassent inlassablement
Tu nous  précèdes vers les horizons inexprimables de la vie
 
Ton existence aura été une berge de souvenirs
une histoire de rythmes, de sons et de murmures
un cri du cœur, un fracas de mélopées africaines
Une poésie qui croque, une gravure
Tu as buriné et réjoui nos cœurs par tes chants
 
La noce éternelle que tu as tant chantée s’ouvre
désormais au portail de ta vie, derrière le rideau bleu
de ton existence, faite d’échos de tam-tams
Tes chants, jubilante merveille de vivre,
se sont perdus dans les recoins intimes de nos vies
 
Notre peine s'arrête à la commissure de nos cœurs
que tu as si souvent su détendre par tes mélodies insolites
Que valent nos larmes devant la joie pascale et le bonheur
de l'alliance tu as si bien chantée ?
Ta chanson a su sublimer le côté tragique de nos vies

Tu as su jongler avec des mots sans les user
Tu as chanté pour nous faire naître un peu plus chaque matin
Tes chants, poésie liquide ou prose solide
ont gravé l'Intraduisible et l'Indicible dans le temps
Fragilité d'un souffle, tu nous as si bien charmé

Va le poète, et dans la folie du vent de Pâques
inspire-nous d'être à l'affût de l'Inattendu, de la Vie
Je me souviendrai toujours de tes indocilités face
aux danses indécentes et répugnantes du MPR
J’aimais ton cœur d’insurgé, ton âme de rebelle,
insurgé et rebelle de Dieu, s’entend. Toi le fils d’Évangile
 
Salue tous les autres patriarches d'Idiofa qui t’ont précédé
Je t’imagine déjà en train de palabrer bruyamment avec saint Pierre
et surtout de lui fredonner : Mawa e, a mono mono mawa a e
Kwenda kwa nge mbote, mbuta ! Sois musique là-bas !
Toi qui as vécu en chant

A. Kasuba Rodhain

OH, chagrin ! 
le grand poète de la musique religieuse d'Idiofa n'est plus !
- Le chorégraphe des cérémonies liturgiques n'est plus!
- Un des pionniers de Kembila Nzambi, n'est plus!
- Celui qui a mis en musique et chanté toute la messe au rite Zairois à Idiofa n'est plus !
- le fondateur des chorales " Ste Thérèse de Dibaya, d'Ipamu et Anuarité de Manding'
s'est éteint !
- L'auteur Compositeur de : - SONGA MONO LUSE NA NGE, - NGE KE NANI , - TATA
NZAMBI NGE MUNTU ME GANGA BETO...
QUE LE SEIGNEUR LUI ACCORDE RECOMPENSE PROMISE AUX QUI ONT TOUT
LAISSER POUR LE SUIVRE !

Si l'oncle Barth m'a engendré musicalement( comme dit dans mon livre), l'oncle Innocent m'a élevé . Comment ?Renvoyé du petit séminaire , par oncle Barth, pour n'avoir pas obtenu 55% de points exigés pour passer en 5è litt. Je fus orienté à Ipamu avec un autre ami ,Kadima Christophe . Après un teste en Latin et Français ( du Prof. Mandjwan, actuel DG d'ISTM Ipamu), nous étions tous deux admis en 5è litt. à Ntobi. Comme pour l'oncle Barth et toute la famille, ce qui a fait que j'obtienne mois de 55% à Laba, c'était ma passion de la musique. Alors j'avais reçu les instructions comme quoi, je ne devais plus m'occuper des chants. Ma grande sœur qui était en 6è devait veiller sur moi à Ipamu. Alors quand l'oncle LUF, préparait la messe de Sainte Thérèse avec cette nouvelle composition, il avait souhaité que je prenne la direction de la chorale, ce que ma sœur Anto n'avait pas accepté. Il avait fallu une semaine de négociation entre l'oncle Luf, ma grande sœur et l'oncle Barth.... A la fin, l'abbé Lufwael nous avait convoqués, ma sœur et moi, pour nous dire, qu'il prenait ses responsabilités, comme oncle d'abord, ensuite comme directeur spirituel des candidats séminaristes. Il avait promis de m'encadrer et que je deviendrais un prêtre et musicien aussi comme eux. Voilà le petit témoignage, que je n'ai jamais partagé ! 

Il m'set difficile de donner le plus beau chant de celui qui a fait que j'évolue dans l'univers musical d'Idiofa aujourd'hui ! Mais je dirai qu'il y a 3 chants de l'oncle qui m'ont beaucoup marqué : le premier , en arrivant à Laba en1976, quand l'oncle nous quittait pour Dibaya, c'était " E TATA MONO MENE LUNDA MBOTE BAYINA YA NGE PESAKA MONO"... une belle méditation avec une mélodie coulante!! ensuite. C'est le chant dont j'ai été le premier dirigeant à exécuter en la fête de Sainte Thérèse ( 1er dimanche d'octobre 1979). car composé fin septembre 1979 pour les 80 ans de la sœur Marie Joseph( Nkaa Jeef). " MONO ME KWISA E TATA KUSALA LUZOLO NA NGE" et cela coïncidait aux 10 ans de sacerdoce de l'abbé lui même. Enfin, c'est le dernier de ses compositions à KOSHIMBANDA( j'arrivais comme vicaire à Kilembe) LUBUTUKU, NOEL E BETO YIMBILA " 1996, c'est le" mwana nsuka" qu'il a vulgarisé à Kalo.

Abbé Bony Kangamotema


 

A la demande, "quel est le plus beau chant de l'abbé Lufwael que vous ai mez le plus?", l'abbé Binia répond: C'est curieux! j'aime écouter et chanter souvent "Luzingu na beto kaka na nge nti". Je l'avais dit à Cléophas Leke il y a deux jours. C'est une grande et profonde méditation sur l'arbre ou le bois. En fait, dans ce chant, l'artiste poète qu'était le grand parolier Lufwaël parle d'abord de l'arbre qui tient la forêt et la brousse, qui nourrit l'homme, qui protège le village, sous son ombre les gens se réunissent, se réjouissent. Ensuite il parle de l'arbre comme BOIS; bois, maison de tous, jeune, adulte.. Mais c'est aussi la dernière maison de chacun (couplet 7) où que l'on soit (allusion au cercueil). Après ce préambule terrestre, il monte sur le plan spirituel : l'arbre de perdition qui a trompé Eve a rendu l'homme triste, malade, esclave. Mais plus tard, l'arbre s'est racheté, a payé cette dette en portant Dieu, bois de la croix du Christ, bois de la Vie, bois de la gloire qui a redonné la paix. C'est pourquoi nous vénérons le bois de la croix, que nous le chantons.Le refrain de ce chant est prodigieux : les vocalises du "beto" soulignent de façon lyrique et avec insistance notre devoir de rendre gloire à ce Bois du Salut. L'harmonisation de Edgar Vayemba accentue encore ce passage par une modulation qui attire l'attention du mélomane. Voilà tout ce qui me fait aimer ce chant. Bien sûr que le choix dans ce stock de compositions de l'abbé Innocent n'est pas facile. Mais des goûts... on ne peut pas discuter. Chacun apprécie ce qu'il veut.

Abbé Binia.


Le 5 juillet dernier, j'ai eu la chance de rendre visiste à l'Abbé Lufwaël à la Funa tandisque je séjournais au pays. Il venait de sortir de l'hopital Saint Joseph. Je ne l'avais presque pas reconnu dans l'état où il était mais sans doute aussi après ne l'avoir plus revu des années durant. J'en ai eu des larmes aux yeux! Il s'est tenu debout quelques instants, pour nous adresser quelques mots, à l'Abbé Alfred, à ya'Fidèle Makelele, à mon épouse et à moi-même. Avec le décès de l'Abbé Lufwaël, nous perdons un premier grand prêtre mudinga: grand poète et humble serviteur du Seigneur. Prêtre, animateur et musicien, il a vraiment contribué à donner le goût à la jeunesse de notre diocèse et, sans doute d'ailleurs, de s'engager à servir l'Église, chacun et chacune à sa manière. Membre de ce grand comité d'animation liturgique des années-phares à Idiofa (1980), à côté des AA. Jean Yakime, Barthélémy Binia et Laurent May mais aussi de ya'Vicky Maniang, l'abbé Lufwaël fut un des rares prêtres à célébrer la messe en la chantant, du rite d'ouverture à celui de l'envoi. Humble et discret, n'exprimant sa joie qu'au travers d'un petit sourire, il fut le compositeur mélancolique, n'ayant pas mis en musique un gloire à Dieu. Avec le décès de l'Abbé Innoncent, nous venons de perdre une autre grande référence, après ya'Rufin, de notre foi et des raisons de la célébrer en chantant et en dansant. Comment organiser les funérailles de ce prêtre-monument? Qui va sélectionner les chants de la messe, comme disait l'abbé Bony? Je me sens triste, et avec moi, toute ma famille qui écoute tous les dimanchesà la maison et dans la voiture les chants du dernier album de M. l'abbé. Condoléances à Mgr Moko, à tous nos abbés diocesains, aux abbés ding et à la famille de monsieur l'abbé. PAIX À SON ÂME ET QUE LE SEIGNEUR SE SOUVIENNE DE SON HUMBLE SERVITEUR!
Cléophas Leke
Toronto


Oncle Abbe, Taa Innoncent ! Tu n’es plus. Tokolela yo ndenge nini! La seule façon pour moi et tous mes frères et soeurs de te pleurer c’est de te servir tes propres paroles exprimées dans tes compositions. Je n’oublierai jamais quand tu m’a dis un jour: “ Robert, quand on aime il n’ y a pas souffrance, et même si souffrance il y avait, a cause de cet amour, cette souffrance devient elle même amour” J’ai retenu cela depuis 1970. Si ta famille s’est déchirée en mille morceaux pour chercher a te garder encore un peu plus longtems dans ce monde, c’est parce que pendant toute ta vie tu ne leur avais montré qu’ amour. Cet amour tu l’as montré également au plus grand comme au plus petit des tiens. Le Maitre de la vie t’a rappelé et t’a dérobé de notre grande affection. Sois certain, très cher oncle, tolembaki yo te. Oncle, tu étais un vrai serviteur de Dieu et toujours trouvais confort en ton Dieu.
1. Mono me kwisa kwisa ee Tata, kusala luzolo na nge ee Tata
- Luzola na nge mono me ndima yau ntangu yonso.
2. Mfumu kaka kiese na mono, Yandi kaka ngolo na mono ye kivuvu na mono.
- Nge Mfumu Nzambi kiese na mono, ngolo na mono, O kiese na mono ya kieleka
Oncle, tu as chanté la souffrance du Christ au Calvaire. Toi-même, tu as
beaucoup souffert de maladie pendant toute ta vie. Tu rentres comme tu es
venu en toute simplicité, maboko mpamba.
3. Menga ya Yezu mene noka ye me gongisa mpasi, eh bampangi beno yindula mpasi
yina ya Yezu
- Yezu mene kulakana na mampasi ya lufwa, tala mpasi, ah nki mpasi yandi mene
kumona.
- Nto luzingu mfumu nene, mwana muntu me kwenda, bonso yandi mene kwisa
maboko mpamba-mpamba
4. Ngeye mene sola nzila zulu, ngeye mene sola nzila zulu, nzila yina ke mpasi mingi
- Muntu yina ke kulanda mono yandi kunata kulunsi na yandi, yandi kukwama na
ntima ya ngolo, yandi kufula ti kuna lufwa.
Oncle, ton thème principal c’était l’amour, lequel se reflétait dans beaucoup
de tes chansons. L’amour que toi-même manifestais a tous ceux qui entraient
en contact avec toi
5. Ke beno ve mene sola mono, kansi mono mene sola beno
- Mono mene sola beno, nde beno kunata mabundu ya kitoko
- Mono mene sola beno nde beno kuvanda bampangi ya lutondo
- Mono mene sola beno nde beno kumwanga lutondo na nsi yonso

6. Mawa ee, ah mono mono mawa, mawa ee, aee ah mono mono mawa, mawa ee
- Ah mono mono nsumuki ya nene, mono me kwisa bubu na ngeye Tata, mono me
kwisa kulomba ndolula ee, ndolula a ee
Fwila mono nkenda
- Mono yayi nsumuki ya nene, ntima na mono me polaka tuka ntama, kaka maswana,
mafinga, bimbeni ee, lutondo ya mpangi me bika na nima ee,
na nima ee, fwila mono nkenda.
7. Ee Nzambi na mono mawa na mono ata vanda ya nene
Mawa ya nene ata vanda kilumbu yina ya mono me buya kumisa
Mawa ya nene ata vanda kilumbu yina ya mono me kula banzenza
Mawa ya nene ata vanda kilumbu yina ya mono ke konda lutondo
Mawa ya nene ata vanda kilumbu yina ya mono ke vweza bansiku
Eee Nzambi na mono kiese na mono ata vanda ya nene
Kiese na mono ata vanda kilumbu yina ya mono ke disa bampangi
Kiese na mono ata vanda kilumbu yina ya mono ke lwatisa nzenza
Kiese na mono ata vanda kilumbu yina ya mono ke tala bambeso
Kiese na mono ata vanda kilumbu yina ya mono ke zola kukaba
Kiese na mono ata vanda kilumbu yina ya mono ke zola ndolula
Que dire enfin, ce n’est qu’un au revoir!

Quelle fin de vie émouvante et pathétique, Cyprien! Que des coïncidences! On y voit la présence d'une main invisible providentielle, comme qui dirait "cet homme était vraiment homme de Dieu". L'oncle avait beaucoup souffert depuis le grand séminaire, longtemps avant même que tu sois ne. A un moment nous pensions qu' il allait mourir avant son ordination. Il n' y a que ses compagnons de route comme les Barbin qui peuvent décrire avec précision toutes ces  épisodes. L'oncle a beaucoup lutte pour rester en vie, il était temps qu'il aille se reposer  auprès de ce Maitre qu'il a servi très fidèlement. 

Ton neveu Robert Mukub Mupier
Professeur/Houston
USA


L'abbé Lufwaël aimait beaucoup Sainte Thérèse de l'enfant Jésus. L'abbé Bony l'avait relevé en citant les chorales de Dibaya et Ipamu que l'oncle abbé avait baptisé "Chorale Sainte Thérèse". Notre petite sœur Lydie qui est née 3 mois avant son ordination, il lui a aussi donné le nom de "Thérèse" soit Lydie-Thérèse. Celle-ci restera très attachée à lui jusqu'à la dernière minute. C'est au mari de celui-ci que l'oncle abbé avait demandé du jus de raisin. Jus qu'il boira peut avant sa mort, disons la dernière chose qu'il a mise dans sa bouche avant de s'éteindre. C'est à ce moment qu'il demanda à Lydie et son mari de prier pour lui. L'abbé a ensuite demandé qu'on chante le "secours de Dieu". Lui-même avait aussi chanté. Tous ces signes redonnaient espoir, lui qui ne parlait pas et ne reconnaissait personne lundi. Ce même lundi soir Yâ Rémy sortait de l'hôpital en pleurant selon notre petite sœur Espé. Dans l'après-midi de ce mardi l'ambassade a téléphoné parce que l'abbé ne s'était pas présenté pour retirer son visa. Finalement, c'est le soir que l'ambassade accepta de lui accorder un visa avec entrée à l'espace Schengen au plus tard dans 3 mois et non dans 2  semaines comme initialement prévu. C'est dans ces entrefaites et joie de report de visa que l'abbé Claude me téléphone pour donner l'info en s'appuyant sur la rumeur. A peine je lui dis ce n'est pas étonnant car Yâ Rémy dit (dans une conversation immédiate avec le père François) que tous ces espoirs sont faux, et que la situation est dramatique. Quand j'appelle Yâ Rémy pour vérifier la nouvelle, et alors qu'il décroche, sans même qu'il ne parle je l'entends pleurer. Il me dira 3 fois "l'abbé est mort" en pleurant et jette le téléphone. Je parlais ensuite dans le vide. Pour revenir à Ste Thérèse, l'abbé meurt le 1er octobre, le jour de la Sainte Thérèse. Quelle coïncidence? Va en paix, "Yâ Monsieur l'abbé" comme tu voulais qu'on t'appelle parce que cadet de ta famille et personne ne t’appelait "Yaya". Même si vers la fin des années 80, nous nous sommes résolus à t'appeler "oncle abbé". Je crois toujours rêver. 

Cyprien Musimar


"Comme il est beau de voir courir sur les montagnes le messager qui annonce la paix, le messager de la bonne nouvelle, qui annonce le salut" (Is. 52). Professeur au petit séminaire de Laba, aumonier de l'hopital, vicaire, curé, Monsieur l'Abbé Innocent Lufwael Aleteya a annoncé le salut et la paix. Mais aujourd'hui, je voudrais surtout rappeler brièvement son apport dans la construction du Kembila Nzambi, dans la liturgie diocésaine. Adaptateur des chefs-d'oeuvre musicales religieuses venues d'autres cieux, Innocent s'est affirmé compositeur  talentueux des chants religieux populaires enracinés dans le terroir et dans les écritures. Innocent a réussi à faire de la célébration de la messe une fête populaire. Comme le roi David danse de toutes ses forces devant le Seigneur, Innocent a pris l'initiative d'adapter la chorégraphie au rite de la messe. C'est la naissance du groupe "mbay mbay" qui, au fil du temps et du lieu, a pris des noms divers. Avec la chorégraphie, Innocent entendait communiquer aussi le message évangélique avec tout son corps. C'est un aspect de l'inculturation du message. Comme on peut le voir l'apport d'Innocent dans la vie liturgique est immense.Il ne  reste plus qu'à remercier le Seigneur de nous avoir donné Monsieur Innocent.  "Yandi me fwa, kansi...."

Abbé Urbain Etanga.


Merci de m'avoir transféré le message annonçant le décès de l'abbé Lufwaël  , mon formateur.  Je suis en quelque sorte son fruit. Non seulement, il m' a envoyé au Petit séminaire alors qu'il ne m'avait jamais vu et connu ,il m'a  accueilli à Koshibanda , la première année de mon ordination pour m'apprendre à faire la pastorale. Il a prêché par l'exemple en sillonnant toute la paroisse de Koshibanda à pieds, lui qui avait pourtant une autonomie  et de moyens de transport à Ipamu.  Et quelle joie quand je l'ai accueilli comme vicaire  et aumônier à l'hôpital à Ipamu. Et là j'ai observé en lui  des vertus exceptionnelles:  sens d'église, patience,  humilité , docilité , soins à la préparation de la liturgie, profondeur théologique de ses chants..Il est vraiment  un artisan de paix. Que son âme repose en paix.

Abbé Cyrille Manter.


La liturgie à Idiofa depuis la nuit des temps repose sur un triangle  dénommé " BIYALU" ,(terme emprunté de Bony Kangamotema sur site du Diocèse d'Idiofa qui veut dire Binia-Yakim-Lufwael).Avec BIYALU, Idiofa s'est rapproché véritablement de Dieu de  manière originale. De ce fait sa renommée a traversé les frontières nationales. A titre d'exemple, en 2009, lors d'un voyage effectué à Gisenyi au Rwanda, ma surprise était énorme d'entendre le chant Kimvwama magnifiquement exécuté lors d'une eucharistie. J'en étais très fier.De partout on entend les chants d'Idiofa: Aucune eucharistie à Kinshasa sans un  merveilleux chant d'Idiofa! Les solennités dans toutes les provinces de la RDC commencent souvent par eee, beno tala, mbuta nganga yandi yai ke Kwisa. C'est pour dire qu'une telle reconnaissance a ses acteurs. Lufwael en est l'un. A travers lui je salue le sens du devoir accompli par l'un des piliers du triangle de la liturgie devenue aujourd'hui continentale. Mon souhait est que ce triangle ne soit pas rompu du fait du départ de l'un de ses acteurs. Ne dit-on pas d'ailleurs avec raison que les oeuvres survivent à leurs auteurs ? A ce sujet j'encourage la relève à faire preuve d'effort afin de porter encore plus haut l'image de marque d'Idiofa.  En fin , Monsieur l'Abbé Lufwael avait effectivement aimé Dieu au point de LE servir abondamment et sans relâche par ses chants. Je suis convaincu que son départ vers son Père le jour de nôtre fête n'est pas fortuit. Etant lui-même un "thérésien de Laba", je suis convaincu que notre Sainte Patronne a bien accueilli son âme et l'a présentée à Dieu pour un repos bien mérité. Au nom d'ASELA et au mien propre, je présente mes sincères condoléances à Monseigneur l'Evêque, au Diocèse et à tout clergé d'Idiofa ainsi qu'à sa famille biologique.

Pour ASELA, 

Jacques ODIO, Président.


Condoléances émues aux familles biologique et sacerdotale de l'abbé Lufwael. Profitant d'un temps de retraite en août dernier, j'ai lu d'un seul trait l'ouvrage de l'abbé Bony sur le Kembila Nzambi, téléchargé sur le site du diocèse. Félicitations à l'abbé Bony ! J'y ai ainsi découvert ce trio "BIYALU" (on dirait de véritables muses), qui restera vivant sur les lèvres des croyants. Je ne sais pas qui est l'auteur du chant "Kristu, Pake na beto, Kimeme na beto, mene nunga lufwa alleluia !". S'il était de l'abbé Lufwael, eh bien, on y lirait sa signature cachée par glissement de son : "lufwa(all)eluia". Nous rendons grâce pour sa vie courte (71 ans) devant les hommes, mais pleinement accomplie devant Dieu.
Rodrigue Ntungu, SJ.

Les événéments tristes se bousculent et se ressemblent....A peine s'apprêtait-on à soutenir son voyage pour les soins sous la demande de Claude, à peine apprenons-nous cette nouvelle aussi écoeurante. Je n'en reviens pas. Nous avons eu des moments intenses avec l'abbé Innocent en 1991. Nous avons alors eu la chance l'accueillir dans  notre domicile pendant deux mois en Belgique. Que de beaux souvenirs et de longues promenades qui nous ont permis de nous familiariser davantage. C'est alors que j'ai pu découvrir la face la plus humble et la plus intime de ce prêtre, grand oncle que je connaissais avec toute innocence comme mon prof de français à Laba (1976). Il a partagé avec nous ses détresses d'humain et d'homme de Dieu jusqu'à la veille de son retour au Zaire!!!!!! Comme le dit le vieux Barbin, c'est une perte énorme  pour Idiofa. Sa mémoire ne pourra être cultivée autrement que par ce qui s'entreprend entre nous. Nous aurons l'occasion d'en discuter. Cyprien, il faudra vite nous communiquer le programme des obsèques et ce qu'il faut mettre en oeuvre le plus tôt possible. Nous sommes une fois de plus vraiment tristes. 

Paulin Mulatris

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Diocèse d'Idiofa3721, Avenue St.ChristopheB.P.8251 Kinshasa I,  Rep.Dém.du Congo