Voeux Nouvel an 2014

MESSAGE DE SON EXCELLENCE MOnSEIGNEUR JOSE MOKO EKANGA A L’OCCASION DU REVEILLON DE L’AN 2014

Les années passent mais ne se ressemblent pas. Une année s’en va et une autre vient. Nous sommes en ce moment en train de tourner la page d’une année qui a certainement été pour nous pleine des souvenirs. L’année nouvelle 2014 ne vient pas nous faire oublier la précédente. Bien au contraire, elle tire d’elle des enseignements susceptibles d’améliorer notre avenir. C’est pourquoi, je suis très heureux d’être avec vous en cette circonstance qui est pour chacune et chacun de nous, unique et particulière. Avec vous, je tourne mon regard vers le Maître de la vie pour accueillir dans la joie et avec foi les grâces que cette année nous apporte.

Biens chers frères et sœurs,

L’année 2013 vient de s’éteindre. Désormais, nous écrivons des pages nouvelles ; car l’avenir est devant nous. Je voudrais, avec vous, parcourir quelques événements qui ont marqués cette année 2013 qui tire sa révérence et en évoquer quelques souvenirs aussi bien tristes qu’heureux : c’est le devoir de mémoire de nous replacer devant notre propre histoire et de la partager ensemble. Un peuple sans mémoire est un peuple sans histoire.

Loin de moi l’intention de nous replonger dans les larmes, je voudrais que nous conservions vivants les souvenirs de nos illustres confrères et animateurs pastoraux. En effet, en cette année, nous avons pleuré tour à tour deux prêtres : les Abbés Bernard NGATSHI (le 11 Mai) et Innocent LUFWAEL (le 1er Octobre), tous deux d’une même promotion. Tous deux nous lèguent un héritage inoui : notre « Kembila Nzambi » est entre autres le fruit de leur service. Le premier a le mérite d’avoir baptisé le « Kembila Nzambi » et il nous laisse plusieurs chants, riches et méditatifs ; Le second a aussi le même mérite : il nous laisse plusieurs chants, très profonds et poétiques. Nous comptons 46 chants de lui. Je n’oublie pas sur cette rubrique trois autres de nos agents pastoraux NYAMAKWEY, MBUYU et MAKELELE ainsi que la Démoiselle GILBERTINE.
Tout en continuant à porter dans la prière ces vaillants serviteurs de Dieu, nous remercions le Seigneur pour les services multiples qu’ils ont rendus à notre Diocèse et à la sous-province ecclésiastique du Bandundu. Je m’en voudrais de ne pas ajouter à cette liste du mémorial parents et amis qui nous ont quittés ainsi que les personnes, en raison de notre ministère, que nous avons eu à enterrer. Estimant qu’il n’y a pas de proportion entre les peines du présent et la gloire qui doit se manifester en nous, nous partageons dans la foi la bienheureuse espérance de ces frères et sœurs trépassés (Cfr Rm 8,18).

L’année 2013 a aussi été celle de bons souvenirs. Je mentionne la célébration du jubilé d’argent des Abbés Clément KAMWANGA, Apollinaire KHENDA, Frédéric KIBOLE, Innocent LAKA, Wenceslas MUNGIMUR, Rodrigue MUYOMBO, Adelin MWANANGANI. Un autre événement heureux de l’année 2013 fut la célébration des ordinations diaconales de 8 diacres et présbytérales de 10 prêtres dont un Missionnaire du Verbe divin. C’est dans cet esprit, on n’en peut douter, que notre Eglise a accueilli en liesse les nouveaux pasteurs que Dieu lui-même donne à son peuple (Pastores dabo vobis). Je dois avouer que j’ai été très particulièrement marqué par la générosité de nos fidèles et institutions qui ont financé en partie aussi bien la retraite que les ordinations. C’est déjà le témoignage significatif de la maturité d’une Eglise qui prend conscience des responsabilités qui lui incombent. C’est aussi reconnaître qu’à Idiofa, quand nous voulons nous pouvons.

Le développement ne se faisant jamais à vase clos, je voudrais ici, comme je l’ai fait l’an dernier, louer les efforts de chacun(e) de vous, collaborateurs (trices) à rendre inventive la « Caritas Christi » dans notre diocèse, notamment en apportant votre contribution et celle de vos communautés aux œuvres pontificales et aux fonds de solidarité. Je voudrais encore que nous puissions vivre intensément notre expérience de foi, une foi agissante par la charité en nous mettant ensemble pour reconstruire notre Eglise. Chacun avançant résolument, selon ses propres responsabilités, dons et ressources, par la voie d’une foi vivante, génératrice d’espérance et ouvrière de charité (L.G. 41).

Mes chers frères et sœurs, chers collaborateurs et collaboratrices,
C’est donc avec grand désir que j’ai baptisé cette année pastorale 2013-2014, année de la reconstruction de notre beau et grand diocèse. C’est pourquoi, je vous invite chacun (e) en particulier à donner les meilleurs de lui-même pour la réussite de cette belle œuvre. Notre avenir est devant nous. C’est pour moi, une aventure « unique » que nous ne pouvons pas rater. Unissons-nous, puisque notre force se trouve être dans l’unité et la diversité. Ensemble, nous pouvons ; ensemble, nous sommes plus et forts.

Je n’oublie pas que chez certains d’entre vous, persiste parfois le germe de division. C’est pourquoi, je voudrais y insister un tout petit peu.

Chers frères et sœurs,
Nous sommes tous (tes) rassemblés ici pour « faire Eglise ». Nous ne sommes pas venus ici pour faire éclater l’Eglise de Jésus-Christ. Ces mots du Saint Père François au lendemain de son élection me paraissent pertinents : « Nous pouvons être évêques, prêtres, cardinaux, mais pas disciples de Jésus pour autant ». J’en fais mienne cette même interpellation, en ce début d’année nouvelle : nous pouvons être prêtres, religieux, religieuses, agents pastoraux mais pas disciples de Jésus le Christ pour autant. Positivons notre regard et acceptons notre différence.

Car, en ce 21ème siècle, nous ne pouvons plus mener notre vie sur la donne ethnique ou tribale. Notre diversité est une richesse pour l’Eglise du Christ. L’amour du Christ qui nous presse (2Co 5 ,14) doit être sans limite et doit surtout transcender les barrières des langues ; car « nous sommes tous frères »(Mt 23,8). Il faut l’avouer : « Les tribus et les ethnies sont une création de la divine providence ; elles représentent une richesse inestimable. Bien gérées, elles permettent aux hommes de se compléter dans leurs diversités. Malheureusement quand ces diversités sont mal assumées, elles se transforment en idéologie ethnocentrique qui engendre des conflits et alimente une spirale de discriminations, d’exclusion et de violence. L’idéologie ethnocentrique est contraire à l’Evangile et constitue une offense à l’Eglise Famille de Dieu ». (CENCO, Nouvelle évangélisation et catéchèse dans l’Eglise Famille de Dieu en Afrique, Kinshasa, Ed. Secrétariat Général de la CENCO, 2000, n° 188). Tous ceux qui veulent bâtir une Nouvelle Eglise, qu’ils s’en tiennent à une courageuse contestation pour une démocratisation de notre Diocèse, pour demain ou après-demain. Après quatre ans de service, on retrouve, à Idiofa des attitudes qui sont loin d’être fraternelles, au moins dans le discours, entre prêtres et religieux, religieuses, laïcs qui assument des charges pastorales.
L’intolérance entre générations ou entre des personnes d’orientations culturelles différentes n’est pas toujours absente. Ce n’est pas toujours la division qui menace l’Eglise, c’est peut-être l’ignorance des uns et des autres. Cette ignorance nous a conduits dans le passé à diaboliser certaines cultures, alors qu’elles sont riches et bonnes. (voire Gilles Routhier, Marcher ensemble et vivre la synodalité, dans G. ROUTHIER et M. VIAU (dir), Précis de théologie pratique. Deuxième édition augmentée, Novalis/Lumen vitae, Ed. de l’Atelier, 2007, p. 735).

Mes Frères et sœurs,
La mission de l’Eglise-Famille de Dieu est d’unir le genre humain. C’est pourquoi les chrétiens sont appelés à promouvoir une coexistence fraternelle en tout temps, partout et à tous les niveaux. Il y va de leur identité. Nous devons nous sentir tous (tes) frères et sœurs, enfants d’un même Père dans le Christ Jésus (Cf. CENCO, Nouvelle évangélisation et catéchèse dans l’Eglise Famille de Dieu en Afrique, n° 189). Autrement dit, le don de l’unité mérite d’être honoré de manière particulière puisque, non seulement il est la condition même du témoignage que l’on veut rendre à l’évangile, mais aussi du fait que la construction de la maison commune importe tant dans le monde actuel. Ce salut offert par Dieu a aussi comme nom la communion. On ne peut pas ne pas citer cette magnifique interpellation du Pape Benoît XVI, en s’adressant aux prêtres : « Chers prêtres, souvenez-vous que votre témoignage de vie pacifique, par-delà les frontières tribales et raciales, peut toucher les cœurs ». (BENOIT XVI, Africae Munus, Kinshasa, Médiaspaul, 2012, n°108). Ce message vaut pour chacun et chacune de nous.
Il m’est un devoir de collégialité et d’affection fraternelle de recommander, à notre présence d’Eglise et à notre ministère qui s’exercent souvent dans des conditions difficiles, la joie chrétienne que met en exergue l’Exhortation du Pape François : « Evangelii Gaudium ». Que le monde de notre temps puisse recevoir joyeusement la Bonne Nouvelle. Une invitation à nous lancée d’être des disciples donnés. Nous avons l’âge pour donner, nous devons donner. Et Dieu aime celui (celle) qui donne, qui se donne, avec joie. Une invitation à être des ministres de l’Evangile dont la vie rayonne de ferveur et de la joie du Christ (cf. Evangelii Gaudium 10). En effet, « La foi authetique dans le Fils de Dieu fait chair est inséparable du don de soi, de l’appartenance à la communauté, du service, de la réconciliation avec la chair des autres. Dans son incarnation, le Fils de Dieu nous a invités à la revolution de la tendresse » (Evangelii Gaudium 88).

Voilà pourquoi, à l’orée de cette année nouvelle, je confie chacun et chacune de vous à la Bienheureuse Vierge Marie, Notre Mère et Mère de l’Eglise, qu’elle vous serve de modèle de disponibilité au service de Dieu et de son peuple qui est à Idiofa. Je me confie à vos ferventes prières et vous assure des miennes. Au nom de Notre Seigneur Jésus-Christ, je vous accorde ma première bénédiction solennelle de l’an 2014 : Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.

Bonne année 2014 à tous !

+ José MOKO EKANGA
Evêque d’Idiofa

 

VŒUX DE NOUVEL AN 2014 A S.E. MGR L’EVEQUE
Excellence Monseigneur l’Evêque,
Au nom des communautés religieuses et sacerdotales du diocèse représentées ici par celles de proximité du siège épiscopal, nous avons un réel plaisir de vous exprimer nos vœux de longévité, de bonheur et de plein succès apostoliques tout au long de l’année 2014.
Ces sentiments de totale franchise nous pressent en même temps à vous apporter l’assurance renouvelée de la collaboration de tous et de chacun dans la sphère des responsabilités que vous nous avez confiées notamment par le biais des dernières obédiences de 2013-2014, qui constituent notre vade-mecum.
Que Dieu bénisse le Diocèse d’Idiofa
Je vous remercie.
Prof. Abbé ANGUS LAMES
Supérieur de la Communauté de la Procure d’Idiofa

Diocèse d'Idiofa3721, Avenue St.ChristopheB.P.8251 Kinshasa I,  Rep.Dém.du Congo